NINA AGUANO

Tarpin

« Tarpin » est ici traité comme un symptôme. Symptôme d’un langage qui exagère, d’une image qui déborde, et d’un territoire souvent résumé à ses excès. Expression populaire marseillaise, elle est détournée jusqu’à la saturation pour révéler la manière dont une culture locale peut être figée dans des stéréotypes à la fois moqués, consommés et répétés.
Le projet s’appuie volontairement sur une imagerie jugée vulgaire ou excessive : corps sexualisé, tatouage du bas du dos, léopard, paillettes. Ces codes, associés à la figure de la cagole, sont assumés et surjoués. En les accumulant, l’affiche ne cherche pas à les réhabiliter ni à les condamner, mais à exposer le regard qui les produit. Le kitsch devient un outil critique, une manière de retourner le cliché contre lui-même.
La répétition obsessionnelle du mot « tarpin », renforcée par la surimpression et la saturation visuelle, traduit son usage quotidien comme intensificateur automatique du discours. Tout est « tarpin », tout le temps. Cette logique de trop-plein devient une stratégie graphique, questionnant la frontière entre identité revendiquée et image imposée, entre fierté populaire et caricature persistante..

Date du projet : Décembre 2025

doux pays 1
doux pays 2
doux pays 3
doux pays 4