Doux pays
Ce projet puise sa source dans les paroles de la chanson Doux Pays de Candeur Cyclone, en laissant de côté toute esthétique préalable. Seuls les paroles de leur musique ont été retenus comme matière première. Quatre propositions en sont nées : deux façonnées par des gestes traditionnels, deux autres issues des langages de l'intelligence artificielle.
La première image, « Eat the Rich », s'inspire du célèbre Saturne dévorant son fils de Goya, détourné pour montrer un dieu dévorant non plus sa descendance, mais un patron. Ici, l'image devient arme : le détournement rejoint les gestes de lutte, quand l'art est arraché aux musées pour rejoindre les rues, les pancartes, les cris.
La seconde, « Douce France », repose sur un oxymore : la douceur heurtée par la violence. La broderie, souvent perçue comme délicate, devient ici un acte brutal, presque chirurgical. Les motifs anciens murmurent les fautes du passé, non pour les figer, mais pour ouvrir un chemin vers un futur mouvant. De l'héritage, seules les tendresses nécessaires sont conservées, comme des graines pour un monde à reconstruire.
La troisième, « Étoile Rouge », convoque un emblème de révolte : la révolution gravée dans la matière. La linogravure, par sa rudesse et sa capacité de reproduction, évoque les affiches de rue, les murs chargés de messages, la transmission par la répétition, la lutte par l'image.
Enfin, « Plus Fort » s'inscrit dans l'esthétique de l'art soviétique. Le mégaphone, symbole de la voix collective, du porte-parole, est multiplié par trois : il devient l'écho d'une lutte qui fut, qui est, et qui, tristement, semble encore à venir.
Date du projet : Octobre 2025